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- Dès les premières expositions, à Lirey, l’évêque de Troyes (Henri de Poitiers) « avait débusqué l’artiste qui l’avait peint, [lequel] avait expliqué la façon dont il s’y était pris pour obtenir un objet qui suscitait l’attraction des foules » (pp. 21et 158 ) : ‡ pour Yannick Essertel , « il n’existe aucune trace d’une enquête ordonnée par l’Ordinaire du lieu ». En mai 1356, l’évêque Henri de Poitiers a félicité Geoffroy I° de Charny d’avoir fondé l’église de Lirey, dans une lettre où il n’est fait mention d’aucune enquête ; et, selon P. E. Blanrue lui-même, « en juin 1357, douze évêques signent une concession d’indulgences en faveur de la collégiale » (p. 21). Alors que le mémoire de l’évêque Pierre d’Arcis (lointain successeur d’Henri de Poitiers) situe en 1355 le lancement de cette présumée enquête ; ‡ Le fameux mémoire de Pierre d’Arcis « est suspect car il n’est ni daté ni signé,…il ressemble fort à une dénonciation calomnieuse » ; il ne donne aucun nom de l’éventuel faussaire et ne fait référence à aucun document concret ; il a été écrit plus de trente ans après les évènements, en 1389, l’année même où, faute de ressources financières pour réparer la cathédrale de Troyes, le toit de la nef s’est effondré ; ce qui pourrait justifier la colère de l’évêque et la violence des termes utilisés, qualifiés par John Heller « d’invectives dignes de la Pravda » ; ‡ le pape Clément VII (Avignon) a d’abord autorisé, le 28 juillet 1389, la reprise des expositions du Saint Suaire montrant la « figure ou représentation » du Christ ; dans une bulle du 6 janvier 1390, écrite sans doute au vu du mémoire de Pierre d’Arcis, il a utilisé effectivement l’expression « peinture ou tableau » ; mais, dès le 30 mai 1390, il a fait rayer ces mots sur le Registre du Vatican (ce qui est rarissime dans l’histoire des archives de la papauté), pour remettre « figure ou représentation » ; et il a confirmé cette correction par une nouvelle bulle, dès le lendemain, 1° juin 1390 . P.E. Blanrue, qui est pourtant « historien », ne fait aucune allusion à cette importante correction. Il s’appuie essentiellement sur les « recherches » du chanoine Ulysse Chevalier , lequel a eu lui-même entre les mains, semble-t-il, les documents contredisant sa propre thèse, mais les a passés sous silence .
‡ sur cette fameuse gravure, réalisée avant 1195 , l’ange montre bien « les linges affaissés » (cf. Jn 20, 5), sur lesquels on voit nettement les chevrons du tissu, et surtout les fameux quatre trous en forme de L (et non pas cinq trous en forme de P), trous qui sont également présents sur le Linceul (et antérieurs à l’incendie de Chambéry) ; c’est la preuve formelle que le Linceul actuellement conservé à Turin est bien l’objet qui était vénéré à Constantinople longtemps avant la date la plus ancienne (1260) donnée par le test au C 14 ; ‡ au Moyen Age, les artistes qui mettaient des signes dans les icônes ou les fresques avaient pour but de permettre à l’observateur de pouvoir tout de suite identifier le personnage représenté ; ils peignaient explicitement des pierres précieuses à des endroits précis et évocateurs, comme par exemple des rubis et des perles dans le nimbe du Christ de la Sainte Face de Laon, pour signifier la divinité du Christ ; parfois, le bois de l’icône était même creusé, à ces endroits significatifs, pour recevoir de véritables pierres précieuses. Au contraire, de simples petits ronds noirs dessinés en travers d’un linge ne pouvaient avoir aucune signification théologique pour l’observateur du XII° s.
‡ on ne peut confondre le contraste dû à la forme extérieure d’un objet, obtenu avec un pochoir, avec un négatif de type photographique ; celui-ci implique la réaction physique de particules (les photons réfléchis par l’objet éclairé) arrivant sur une matière sensible (le bromure, voire même le sulfure d’argent) ; ‡ pour tous les scientifiques, l’image de l’Homme du Linceul vient de son propre corps, soit par émanation de vapeurs chimiques (hypothèse reprise récemment par M. Alonso ), soit par émission de particules (hypothèse du Père J.B. Rinaudo) ; ces deux hypothèses (surtout la seconde) permettent d’expliquer la tridimensionnalité, caractéristique qu’aucune autre image au monde ne possède, et surtout pas un dessin préhistorique au pochoir.
‡ dans l’article, déjà cité, de « Sciences et Vie » (août 2005), Théo Flamme est dit « ancien expert de l’institut belge de recherche scientifique pour l’industrie et l’agriculture » ; ‡ selon les experts internationalement reconnus et véritablement spécialistes des tissus anciens, comme Gabriel Vial, les métiers à quatre pédales existaient au I° s, autour de la Méditerranée (Syrie, Palestine,…). Et, pour Mme Flury-Lemberg (qui a procédé à la restauration du Linceul en 2002), « en raison des indications données, aussi bien par la technique de tissage que par la technique de couture, rien ne s’oppose à ce que le tissu du Linceul de Turin ait pour origine un produit coûteux provenant d’une manufacture du 1° s. ap. JC » .
‡ la présence de sang humain (porphyrine, hémoglobine, albumine, bilirubine, puis hématies...) a été définitivement acquise en 1981-82, par les travaux de Heller, Adler et Baima Bollone ; le groupe sanguin a été également déterminé . - « Heller et Adler n’ont pas conduit de tests spécifiques établissant la présence de sang » ; on trouve aussi de la porphyrine « dans bien d’autres substances… par exemple dans la chlorophylle » (p. 192) : ‡ la porphyrine du sang (hémo-porphyrine) se distingue totalement des autres porphyrines naturelles, car elle présente une très forte absorption de la lumière à une fréquence très précise . Heller et Adler ont mis spécifiquement en évidence la présence de méthémoglobine (hémoglobine oxydée) provenant d‘un sang très vieilli. - Mac Crone a montré que le Linceul est une peinture à la détrempe, « un médium à base de protéine fabriquée à partir du collagène animal,…[lequel est] un produit à base de peaux d’animaux, de muscles, d’os, de cartilages ;…le collagène était probablement le plus populaire médium de peinture au Moyen Age » (p.198 ss) : ‡ il n’y a aucune trace de coup de pinceau sur le Linceul, ce qui est pourtant nécessaire dans une peinture classique à la détrempe à base de gélatine (voir par ailleurs ci-dessous) ; ni aucune trace de direction, ce qui exclut aussi une « peinture avec les doigts » (p. 220), comme Mac Crone l’a également prétendu. ‡ toute peinture au collagène animal se détériore pour une température bien inférieure à 200°C (au-delà de 100°C, cette sorte de gélatine protéique roussit puis noircit, en perdant ses propriétés de liant). En dehors des trous de brûlure eux-mêmes du tissu, qui attestent d’une température supérieure à 300° C , la température du lin à l’intérieur du coffre a donc été sûrement supérieure au seuil de dégradation d’une peinture , même aux endroits non brûlés ; or la couleur de l’image est identique aussi bien tout près que loin des zones brûlées ; ‡ la couleur des fibres ne peut pas être effacée (sauf par le diimide, un réducteur très puissant), alors que les peintures du Moyen Age ne résistent pas aux acides et autres solvants chimiques ; ‡ le collagène animal (gélatine protéique) est fortement fluorescent, même plusieurs siècles après sa en mise œuvre ; Heller, Adler et Miller ont montré qu’il n’y a aucune fluorescence sur les fibrilles venant des empreintes (en dehors des fibrilles provenant des taches de sang et de sérum) ; il n’y a donc aucune gélatine protéique sur les empreintes visibles sur le Linceul. - « La découverte fondamentale de Mac Crone restait la mise en évidence de la présence de pigments d’oxyde de fer sur les zones à images, et de son absence sur les zones vierges » (= sans image » (pp. 198 et 216) : ‡ dans les taches de sang, la concentration en fer est relativement importante, car la porphyrine du sang contient du fer ; ‡ ailleurs, la présence de pigments contenant du fer n’est pas décelable en radiographie, même sous rayons X mous ; la concentration en fer, comme en calcium et en strontium, est extrêmement faible et n’est décelable qu’en fluorescence sous rayons X ; elle est « uniformément répartie sur tout le linge » , donc également dans les zones où il n’y a pas d’image. La présence simultanée de fer, de calcium et de strontium est caractéristique des opérations initiales de trempage dans l’eau pour la préparation initiale du tissu . - « Les substances…ayant coloré les fils de lin sont notamment, pour l’image du corps, de l’ocre rouge, et pour l’image du sang, de l’ocre rouge et du vermillon » (p. 218) : ‡ l’image est de couleur jaune paille et non pas rouge (sauf pour les taches de sang) ; ‡ l’ocre rouge, en très faible quantité, est concentré autour des taches d’eau. Pour J. Heller, il s’agit d’oxyde ferreux, formé peut-être par l’action de la vapeur d’eau (lors de l’incendie de Chambéry) sur le fer déjà fixé dans le tissu lors du rouissage . Pour Marcel Alonso, les granules d’ocre rouge de Mac Crone (cf. photo reproduite dans le livre de P.E. Blanrue) pourraient être effectivement des particules de goétite (oxydes ferriques et ferreux, altérés) ; ‡ les traces rarissimes de vermillon (9 particules sur les fibres examinées par Mac Crone ) sont sans doute dues aux peintres qui faisaient « bénir » leur peinture en la mettant au contact du Linceul. Rubens, qui a fait une peinture du Linceul « d’après nature » (comme plusieurs dizaines de peintres), utilisait beaucoup de vermillon (ou cinabre = sulfure rouge de mercure). Pour mémoire, de nombreuses impuretés plus ou moins récentes sont présentes sur le Linceul (il y a même des fils de nylon).
Rappelons que la théorie de la peinture a été récusée dés 1978 par l’ensemble des quarante scientifiques du STURP. Pour ceux-ci, « les empreintes résultaient d’une oxydation acide déshydratante » de la cellulose, avec formation de carbonyle jaune . L’intensité de la couleur est la même pour toutes les fibres colorées, et il n’y a aucune trace significative de pigments métalliques. L’attitude de Mac Crone, pendant et après les travaux du STURP de 1978 à Turin, a été plutôt curieuse pour un scientifique, comme l’a montré J. Heller : Après avoir soutenu que « les présumées taches de sang… résultent d’une pigmentation rougeâtre causée par l’oxyde de fer », Mac Crone a reconnu qu’il avait seulement regardé, dans son microscope, les points rouges correspondants, mais qu’il ne les avait pas testés chimiquement, et il a déclaré : « mon expérience me suffit », refusant d’écouter les contestations …Plus tard, « Mac Crone affirma, assez bizarrement, que les particules d’oxyde de fer mesurant moins d’un micron n’existaient certainement pas avant 1800 », ce qui supposait une retouche par l’artiste, après 1800, d’une image plus ancienne, très pale…Plus tard encore, il revint à un faussaire des années 1350, ayant délayé de l’oxyde de fer dans du collagène [gélatine protéique]. Enfin, après ses premières déclarations, Mac Crone a pratiquement toujours refusé de participer aux réunions scientifiques du STURP, alors que les autres membres ont sans cesse confronté leur résultats ; et il n’a jamais publié ses résultats dans une revue scientifique officielle, soumise à la critique préalable des spécialistes .
‡ personne n’a jamais réussià reproduire toutes les caractéristiques de cette image extraordinaire et d’une précision inimaginable, même au XXI° s : données anatomo-pathologiques ; nature des écoulements (sérum, sang veineux et artériel, sang ante et post-mortem) ; forme des plaies ; rigidité cadavérique ; caractère physiologiquement étonnant des taches de sang ; tridimensionnalité ; superficialité (impression sur 30 à 40 microns),… ‡ un tissu mouillé appliqué sur un tableau original ou un bas-relief (autre type de « détrempe » envisagée par les « zététistes »), aurait une grande capillarité ; or, aucune fibre ne présente de trace de capillarité (les fibres présentent une faible capillarité seulement aux endroits des taches de sang). Une telle opération nécessiterait en outre d’avoir un modèle original possédant toutes les caractéristiques anatomiques de l’Homme du Linceul, et d’y ajouter les bonnes natures de sang, de lymphe… aux bons endroits ; alors que les connaissances sur la circulation sanguine ne datent que du XVII°s.
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