UN  ÉVÉNEMENT

 

Dans l’émission « Ils veulent cloner le Christ » (Canal+, le 12 décembre), comme dans son livre récent (« Cloner le Christ » ?), Didier van Cauwelaert montre un certain talent pour illustrer les vérités incontournables concernant le Linceul de Turin ; de même que pour réfuter les vieilles hypothèses totalement éculées, comme celle de Mac Crone sur la réalisation de l’image par peinture (récusée dès 1978), ou encore celles d’Henri Broch, zététicien opposé viscéralement au christianisme, donc à l’authenticité de ce tissu mystérieux qui reste, encore aujourd’hui, « provocation à l’intelligence » (JEAN PAUL II).

D. v C. laisse cependant libre cours aux affirmations et aux fantasmes les plus délirants. On apprend ainsi : que le Christ ressuscité est un hologramme ; qu’on va bientôt pouvoir cloner n’importe qui en quelques minutes ; et que la Résurrection est d’ailleurs la réussite du premier clonage humain rapide. Il peut alors sembler paradoxal de devoir s’adresser à Raël (qui a découvert sa vocation en rencontrant des extraterrestres dans les volcans éteints du Massif central) pour comprendre qu’on ne peut pas cloner l’esprit humain. Comme l’a dit, ailleurs, le Père Rinaudo (physio-biologiste), même les vrais jumeaux (qui ont eu le meilleur des « clonages »), n’ont jamais la même personnalité !

D. v C. énonce aussi (surtout dans le livre) d’énormes impossibilités : l’image s’est produite en absence de corps ; …c’est le même phénomène qui a provoqué l’image et les traces d’écritures trouvées autour du Visage par le professeur Marion ;...

Mais ce qui paraît le plus choquant c’est le procès d’intention (permanent dans le livre) fait à l’Eglise : elle aurait tout fait pour laisser croire, voire même pour susciter que le Linceul de Turin est un faux du Moyen-Age, par peur que des savants fous ne veuillent cloner le Christ !

 

Il convient alors de rappeler

1- L’Eglise n’a pas décidé de clore le débat de l’origine du Linceul en procédant au test de 1988. N’étant pas directement à l’origine de ce test, elle a même été accusée, alors, de vouloir s’y opposer. Quand la nouvelle méthode (AMS) a été suffisamment qualifiée (l’ancienne méthode aurait nécessité un prélèvement inacceptable, d’environ 500 cm_), l’Eglise en a accepté la réalisation, dans un large esprit d’ouverture à la pleine liberté de la recherche scientifique, mais sans aucun engagement de sa part.

2- Le Pape JPII n’a pas jeté à la poubelle le protocole initialement établi par le cardinal Ratzinger. C’est le professeur Chagas, biologiste brésilien, qui a demandé de n’exécuter que le test au C14, récusant ainsi tous les autres essais du programme établi dès octobre 1984 par le STURP, qui avait procédé aux remarquables travaux de 1978.

3- Lors de la publication des résultats, le 13 octobre 1988, l’Eglise n’a jamais dit qu’elle s’inclinait devant la Science ; le cardinal Ballestrero a seulement lu le communiqué officiel, établi en parfaite communion avec le Saint Père, et amené par son médecin personnel (le docteur Navarro Valls) qui a présidé la conférence ; et le cardinal Ballestrero, laissant à la Science sa responsabilité, a dit quelques jours plus tard : « Personne ne m’a jamais fait dire que j’accepte ces résultats. Je ne l’ai pas dit et je ne le dis pas, parce que cela ne me concerne pas ».

4- L’Eglise ne s’est pas empressée de divulguer les résultats, cinq mois avant leur publication officielle, par peur du clonage du Christ. Si la revue scientifique « Nature » a attendu février 1989 pour retranscrire les résultats, ceux-ci avaient été transmis officiellement au cardinal-custode le 23 septembre 1988, dans un climat très survolté, car les laboratoires, ne respectant pas leur engagement de confidentialité, avaient organisé des fuites dès le mois de juin.

5- Le cardinal Ballestrero n’a pas été mis à la retraite par JP II. Au contraire, lorsque l’archidiocèse passa normalement à son successeur, le Pape stipula qu’il restait custode pontifical du Linceul. C’est le cardinal lui-même qui demanda de ne pas poursuivre cette mission.

6- Enfin, le Linceul n’a pas été mis sous séquestre en 1998 pour que plus personne n’y ait accès ; son installation dans un coffre sous gaz neutre (argon), où il est totalement déplié, résulte uniquement du souci de transmettre aux générations futures l’image de l’Homme du Linceul, à peine contrastée par rapport au reste du tissu, qui continue à vieillir ; dès 1969, des commissio ns ont commencé à étudier ce problème de conservation qui a toujours été prioritaire pour les custodes successifs ; mais plusieurs évènements, comme la restauration de la Chapelle Guarini, puis l’incendie de 1997, ont conduit à reporter cette opération au début de 1998.

Sans entrer dans la querelle

 

 Pierre de Riedmatten

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